After War Games, What we saw upon awaking Lida Abdul Projection du 29 septembre au 16 décembre 2006 En partenariat avec 49 Nord 6 Est, FRAC Lorraine, Metz <english version> ![]() After War Games, What we saw upon awaking Film 16mm transféré sur DVD, couleur, son. Production Frac Lorraine, 2006. After war games, what we saw upon awaking, le dernier film de Lida Abdul, tourné dans la proche banlieue de Kaboul en 2006, sinscrit dans ce paysage afghan marqué par les guerres successives, ponctué darchitectures détruites, où lartiste a déjà réalisé plusieurs de ses films comme The White House (2005). Le titre After war games, what we saw upon awaiking fait référence à laprès-guerre, la chute du régime talibans en 2001 et à ce quil reste aujourdhui de son pays. Infrastructures et bâtiments sont à reconstruire par le peuple afghan dans un climat dinsécurité, de précarité et dinstabilité politique. Lopposition du vide et de la mise en forme est caractéristique dans son travail. Les sujets dans ses films espaces transitoires, détruits, vides, maisons abandonnées en ruine contrastent avec le traitement formel et esthétique de limage généralement très construite. Les premiers plans du film nous montrent une dizaine dhommes afghans vêtus de noirs qui, tous, sattèlent à tirer sur des cordes pour entraîner la chute de ce qui demeure un long moment invisible : une maison en ruine*. La tâche semble ardue, impossible, vaine et quasi irréelle. Le silence, rarement interrompu par des sons de pierres (bruits déboulement) et les effets de ralenti renforcent ce sentiment chimérique. Les hommes qui tirent sur les cordes apparaissent parfois prisonniers de celles-ci, enchaînés à cette ruine et incapables davancer. Dans un rapport de plans champs/contre-champs, Lida Abdul nous montre alternativement les hommes au travail et le bâtiment en ruine qui résiste. La présence humaine est dissociée des espaces architecturés. Ils sopposent. Lambivalence vie/travail/construction et mort/destruction est présente jusque dans la dernière scène où une pierre, issue de la maison détruite, enroulée dans un drap noir, est enterrée par ces hommes dans un petit trou creusé dans la terre comme sils plantaient un arbre. Lenterrement de cette pierre, ultime trace résiduelle de larchitecture détruite, fait acte de deuil et de mémoire. * « Il y a peu daides de la part du gouvernement, pour bâtir quelque chose de nouveau les gens se débarrassent ainsi des ruines. Il y a quelque chose de tragique dans cette action parce que beaucoup de ces bâtiments ont plusieurs centaines dannées. Il ny a aucune tentative de préservation. Tout le monde veut quelque chose de neuf. Les gens ne veulent pas de souvenirs du passé et feront tout pour obtenir un morceau de terre sur lequel bâtir une structure même si cela implique dutiliser les matériaux dédifices anciens. » Lida Abdul Ces notions de destruction, deffacement, de déracinement se retrouvent également dans ses films tournés peu avant en Afghanistan. Ainsi, dans Tree (2004), un groupe dhommes abat, en prenant soin de bien enlever les racines, un arbre sur lequel étaient pendus les dissidents du régime taliban. Déplanter pour se ré-enraciner. De la même manière, dans Grave (2004), le souvenir des martyrs est commémoré par des hommes afghans qui jettent les uns après les autres des pierres dans une tombe, ou encore, dans Clapping with Stones (2005) où les hommes frappent les unes contre les autres des pierres issues de la destruction des bouddhas de Bamiyan par les talibans. Le bruit produit évoque ici aussi bien des bruits de construction que de destruction. La maison, la pierre, le tapis également, sont des motifs récurrents dans le travail de Lida Abdul pour qui larchitecture a partie liée avec lidentité. Symboles de protection, ils se révèlent fragiles et destructibles. Dans ses performances, la maison-abri fait souvent corps avec lartiste. Sa vidéo Things We Fail to Leave Behind (Los Angeles, 2003) montre Lida Abdul traînant derrière elle, à laide de deux cordes, une maquette de maison en plâtre qui, au fur et à mesure de sa déambulation dans les rues de la ville, sabîme et se détruit progressivement. Dans Things we Leave Behind (2003), performance réalisée sur une plage au bord de locéan, la maison est symbolisée par quatre personnes placées par lartiste symétriquement debout contre des poteaux de bois, sorte de tuteurs. Elle déroule autour deux un film plastique de cellophane formant ainsi un cube, une pièce. Piliers de cet espace, ces hommes et femmes y sont comme scellés. Sils partent, larchitecture seffondre. Par son expérience du déplacement et de lexil, Lida Abdul conserve un regard distancié dans son travail et un engagement actif vis-à-vis de son pays dorigine. Delphine Goutes A voir également : Maintenant, ici et là-bas Tania Bruguera et Lida Abdul. FRAC Lorraine, Metz 16 septembre > 5 novembre 2006 Lartiste réactivera la performance réalisée à Venise en 2005, Ice performance, le 15 septembre prochain au FRAC à 20h. < |
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