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Exposition du 5 février au 30 mars 2005
Dominique Mathieu
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Le CAC Brétigny a invité le designer Dominique Mathieu à réaliser une nouvelle banque d’accueil pour le Théâtre.
A l’occasion de son inauguration le 5 février, un
aménagement spécifique sera réalisé afin de créer de
nouveaux espaces dévolus à l’information. Des appliques –
ampoules en réseau – créées par Dominique Mathieu seront
également présentées avec certains de ses dessins
conférant à cette présentation un réel axe graphique et
non plus seulement tourné exclusivement sur l’objet.


“Je quitte un monde que je n’aime pas.” L. Strauss

“Mon récent travail s’inscrit dans un processus engagé depuis quelques années de manière informelle, intuitive et spontanée. Il est le fruit d’interrogations sur notre avenir, de manques, d’attentes, de craintes mais surtout d’espoirs. Mes récentes propositions sont des révélateurs qui tentent de faire face à la réalité, celle que l’on s’obstine à cacher par tous les artifices possibles de notre société: le design est l’un de ceux-ci.
Éduqué dans l’idée que le Développement mène au progrès social, j’ai dû entrevoir mes erreurs, mes lâchetés, mon égoïsme et mon incroyable aveuglement des années durant, face aux chimères de la “civilisation moderne”.
Mon récent et futur travail sera donc mon mea-culpa.
Modestement, mais obstinément, je m’efforce en toute indépendance, d’affirmer par le biais d’objets réalisés de manière artisanale, que notre société de surconsommation peut “décroître” pour le bien de tous. Mon ambition n’est pas neuve; d’autres s’y sont essayés. Mais les impératifs sociaux et écologiques d’aujourd’hui ne peuvent m’enlever l’espoir que ces démarches sauront enfin saboter “la culture de l’Économie”.
Le design qui constitue une base importante de notre culture contemporaine a fini par ne plus être qu’une profession. Je souhaite aujourd’hui sortir de ce carcan intellectuel, qui n’est plus que communication, style, diplomatie nauséeuse et pour finir, pouvoir. Le design ne constituera pas pour moi une profession, mais essentiellement une activité créatrice révélatrice de savoirs faire.
Un projet ne peut se résumer à un confortable canapé, à un stupide service à fondue ou à une monstrueuse automobile: point de “serment d’Hippocrate” dans la profession, les responsabilités sont néanmoins énormes.
(…)
Présenter des dessins est pour moi une nouveauté. J’entends par “dessin” la laborieuse représentation de l’idée, avec ses codes, son “style”, son intime rapport aux autres. Il est la véritable et première signature de l’auteur. Toutefois le dessin de designer ne se montre pas, ne se travaille pas. Il n’est la plupart du temps qu’un élément succinct de communication, un trait de liaison entre designer et commanditaire. Je souhaite pour ma part lui donner un rôle plus narratif mais aussi plus revendicatif en le sortant de son aspect “vendeur”. Mettre en scène l’objet c’est apporter un complément de sens, un engagement qui a trop fait défaut dans la profession.
(…)
Cette présentation est une lecture que j’adresse à tous et à la profession qui a su par le passé nous apporter la preuve que des réponses responsables étaient possibles. Enzo Mari l’a brillamment démontré, Bruno Munari et Gianni Pettena à leur manière, l’architecte Lucien Kroll, des producteurs comme Bruno Danese et Jacqueline Vodoz, Emilio Zanotta ou Dino Gavina, ainsi que des millions d’anonymes qui à travers le monde ont réussi à trouver des solutions à la hauteur de leur condition. (…)”

Ouverte du mardi au samedi de 14h à 18h; entrée libre








Réalisée en partenariat avec le Théâtre Brétigny et
avec FR66, 25, rue du Renard, Paris;
http://www.dominiquemathieu.com


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