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Guillaume Leblon
Exposition du 8 novembre au 17 décembre 2005


L’arbre


L’œuvre de Guillaume Leblon installée dans l’espace du
centre d’art vient compléter l’approche de l’environnement,
de l’architecture et de l’urbanisme proposé par le
CAC Brétigny avec les projets The Void de l’agence R&Sie(n)
et le programme vidéo Between the Furniture and the Building.

La pièce de Guillaume Leblon joue sur un jeu d’échelle
en reproduisant à la taille réelle l’arbre utilisé
communément dans les maquettes d’architecture. Le signe
employé par les cabinets d’architectes vient souvent de
façon commode indiquer le souci de végétaliser les
projets d’aménagement pour l’extérieur. Il prend ici
possession de l’espace intérieur et se manifeste comme
un artifice, une contre-nature, une image ou un souvenir
qui aurait absorbé son modèle.

Pierre Bal-Blanc


Tronc naturel traité, peint en gris foncé, le feuillage
artificiel Ginkgo est vert à l’origine, il est lui
aussi recouvert de peinture allant du gris-noir jusqu’au
blanc.Dans l’assemblage des branches au tronc il n’y a pas
de volonté de mimer un arbre existant, reconnaissable,
mais simplement de lui donner une allure d’arbre.
La sculpture est suspendue, elle flotte à 10cm du sol.

Au même titre que des pièces tells que Vue depuis
l’entrée vers l’escalier montrée à la galerie Jocelyn
Wolff, ou Vue depuis le hall vers la porte présentée
au centre d’art d’Ivry (Gal F. Leger), l’arbre interroge
la réception de l’œuvre comme image. L’œuvre présentée
est son propre document, sa représentation. Elle tient
donc le spectateur à distance car ce qui est à considérer
est bien l’ensemble formant image et non pas les détails
qui sont bien souvent déceptifs. Le traitement de l’arbre
et son dispositif déracine l’objet du lieu et le bascule
dans l’image où s’introduit la fiction.

Le choix du feuillage Ginkgo a été motivé par son histoire
singulière. Le ginkgo est considéré comme un fossile
vivant, c’est-à-dire que depuis 250 millions d’années
il n’a jamais muté. Il est aussi le seul végétal à avoir
re bourgeonné après la bombe d’Hiroshima.
De même qu’aujourd’hui des recherches sont engagées pour
extraire une substance des feuilles qui pourrait prévenir
de la maladie d’alzheimer. C’est cet aller-retour sur
la mémoire qui m’a intéressé, d’un côté témoin de
l’histoire et de l’autre régénérateur de la mémoire.

Guillaume Leblon








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