Tablettes votives

Hélène Bertin

  • U+03A4-000

    Lettre maj. grecque Tau

  • ΑϹΚΛ ΠΙΩ ΚΑΙ ΫΓΕΙΑ ΤΥΧΗ ΕΥΧΑΡΙϹ ΤΗΡΙΟΝ 🦵

    Ex-voto

  • s.n.

    Marbre

  • Grèce

    IIIe siècle av. J.-C.

«Dans un temps étendu de janvier à juin, à la maison d'accueil spécialisé de l'Hôpital psychiatrique Barthélémy Durand à Étampes, nous fabriquons des tablettes votives. Chaque soigné (autistes ou psychotiques) et chaque soignant (névrotiques ou normopathes) réalise une plaque d'argile modelé pour représenter un vœu personnel prononcé à l'occasion de notre rencontre. À la manière de l'accrochage des ex-voto, la centaine d'objets sera réunie sur un mur de la grande maison des résidents au début de l'été.

En échange d'un trèfle à quatre feuilles ou du récit d'une étoile filante, je reçois un souhait: revoir mes parents, avoir une robe, que le printemps approche plus vite, un tableau avec un cheval ou des dessins abstraits tracés par ceux qui ne parlent pas. Les vœux sont, quelques fois, irréalisables, matériels, spontanés, drôles, non révélés, pas entendables et nous cherchons ensemble à le traduire sous la forme d'une image symbolique. Chaque personne réalise alors une forme organique représentant ce temps psychique. Au-delà de la superstition, le vœu est un désir et l’argile par sa plasticité se voue à la fabrication de son image avec une facture simple.

Je cherche à rencontrer des identités par le biais d'un de leur souhait pour plus tard les inscrire sur une paroi—une archéologie des sentiments en quelque sorte—afin de domestiquer cette maison d'accueil spécialisée s'apparentant à un chemin.»

Ce projet a pu être mis en œuvre grâce au dispositif «Culture à l'hôpital» porté par le Ministère de la Culture et de la Communication—Drac Île-de-France et l'Agence régionale de santé, et au soutien de l'Établissement Public de Santé Barthélemy Durand à Étampes.

Hélène Bertin est née en 1989 dans le Luberon. Elle traverse doucement la France en suivant les cours d'art appliqués au lycée en Avignon, de l'École des beaux-arts de Lyon puis de l'École des beaux-arts de Paris-Cergy. À la fin de ses études, elle s'installe à Paris et à Cucuron, son village natal. Elle développe une pratique qui met en mouvement le travail d'artiste, de curateur et d'historienne. Ses objets de sculptrice ont des qualités usuelles qui se dérobent à l'espace du white cube. Ils se vivent dans l'intimité de la sphère privée, comme l'espace de l'atelier, de la maison, et en extérieur. Hélène Bertin travaille aussi en collectif avec Plafond, avec qui elle partage des moments de réflexion et des expositions. Avec l'aménagement de son atelier à Cucuron, le «workshop culinaire» est l'un de ses terrains d'expérimentation collective où des artistes se regroupent autour de mets qu'ils confectionnent, mangent et digèrent ensemble. Investie dans son village, c'est dans un vignoble de vin naturel qu'elle a récemment organisé sa première exposition collective. Depuis plusieurs années, elle réalise des recherches autour de Valentine Schlegel qui, comme une guide, lui a ouvert sa pratique originale et libre de l'art.