Show d’Houdini
11.04—30.05.2026
- Exposition «Show d'Houdini»
-
Chapeau de magicien·ne
-
Martha Salimbeni
-
2025
Show d’Houdini
11.04—30.05.2026
Avec : Romain Best, Guendalina Cerruti, Grichka Commaret, Audrey Couppé de Kermadec, Anders Dickson, Lucas Erin, Adrien Genty et Hatice Pinarbaşi
Vernissage : Samedi 11 avril 2026, 14h–18h
Entrée libre
▲ La Grange, Marolles-en-Hurepoix (3, Grande rue)
Navette gratuite Paris/Marolles: reservation.cac@coeuressonne.fr
Le Show d’Houdini explore les pouvoirs de la magie comme un outil ambivalent : instrument de manipulation ou de persuasion, mais aussi puissance d’émancipation. Si de nombreuses expositions récentes ont abordé la magie à travers la figure des sorcièr·es ou des forces invisibles, le Show d’Houdini choisit de revenir au contexte du spectacle et d’explorer la figure du·e la prestidigitateur·rice — qui manipule, trompe le regard ou au contraire révèle d’autres mondes possibles — à travers les pratiques artistiques contemporaines.
La scénographie imaginée par l’artiste italienne Guendalina Cerruti déploie une architecture métallique émaillée de perles colorées et brillantes. Ces structures évoquent à la fois des cages, des dispositifs d’exposition et l’univers des spectacles d’illusion, renvoyant autant à la magie qu’à la figure de Harry Houdini. Elles accueillent le travail de sept autres artistes français·es et internationaux·ales et semblent suggérer simultanément des espaces d’enfermement, de socles de présentation ou des mises en scène, entre exposition et spectacle.
Les artistes partagent avec les magicien·nes le souhait souvent inavoué de transformer le monde à travers la perception que nous en avons. Si, dans le cadre de la magie de prestidigitation, cette transformation s’arrête à la scène, les artistes la font déborder au-delà en offrant des possibles à imaginer ensemble. En relevant les stratégies par lesquelles les magicien·nes détournent votre regard, l’exposition invite à dépasser ce qui se donne immédiatement à voir — du moins avec les yeux — pour activer d’autres modes de perception. Elle propose d’explorer d’autres réalités : plus riches, plus complexes et peut-être aussi plus prometteuses.
Commissariat : Marion Vasseur Raluy
Comité scientifique : Jonathan Naas, Zoé Théval
Scénographie : Guendalina Cerruti
La pratique de Romain Best répond à des réalités matérielles, techniques et invisibles dont il
prend en charge l’ensemble. La provenance des matériaux, les outils qui les façonnent, les
lieux qui les accueillent, sont autant d’éléments qu’il réalise ou intègre au processus, mais
de manière imprédictible. Incarnant des rôles polysémiques, il explore, par la pratique de la
sculpture, une connaissance empirique du monde. Le prisme du double, de la répétition
cyclique et de la reproduction interroge les rythmes, cosmologiques et organiques, dans
lequel nous sommes engagé.e.s.
Guendalina Cerruti (née en 1992 à Milan) vit et travaille dans cette ville. Diplômée du Royal College of Art (Londres) en 2017, elle développe une pratique faite de sculptures, installations et collages. Ses œuvres évoquent les agendas d’adolescent·es mêlant photos de célébrités, d’ami·es ou d’animaux, et s’inspirent des fêtes foraines et des attractions. Les couleurs qu’elle utilise, associées dans la société aux filles et au divertissement (jouets, rayons de magasins, accessoires, catalogues de Noël), sont détournées pour créer des objets séduisants mais grinçants, qui questionnent consommation, jeunesse et culture populaire.
Grichka Commaret façonne une peinture sans pinceaux, fruit de calques et de pochoirs qu’il
transpose à l’aérosol ou à l’acrylique: chaque architecture suspendue devient un concentré
de mémoire, un souvenir comprimé, feuilleté, parfois renversé, dans des formats «réduits».
Il évoque des références «communes»: les transports, les lumières de la ville, les dispositifs
de surveillance, l’architecture brutaliste, mais aussi sa propre histoire familiale et l’histoire de
son quartier d’enfance.
Audrey Couppé de Kermadec est un·e artiste, poète.sse et chercheur·euse originaire de
Guadeloupe et de Martinique. Ses pratiques combinent la peinture, la poésie, la vidéo et la
performance avec lesquelles iel explore des formes alternatives de rébellion et de soin
inspirées du non-humain et des pratiques magico-religieuses des Antilles. Iel est
actuellement en résidence à Pot Kommon pour interroger les héritages coloniaux, les
logiques d'exploitation et les formes de résistances souterraines qui se nichent dans les
espaces marginalisés que sont les mangroves et marais.
Anders Dickson lives and works in New York. His practice looks to the rifts of the ordinary in
pursuit of spaces where contemplation and ambiguity flourish. This is executed through
paintings, sculptures, and the construction of immersive installations. Rooted in an attraction
of the weird in relation to religious studies, his work draws heavily from subcultural themes to
reflect upon memory, philosophy, and identity in order to focus upon typically marginalized
ideas.
Le travail de Lucas Erin s’articule autour de l’installation, de la sculpture et du son. Intéressé par la notion de contact dont les objets sont la trace, attentif à la question des relations entre intérieur et extérieur et à la frontière mouvante qui les sépare, Erin explore, à travers des dispositifs concis, ce qui advient ou échoue dans l’échange. Les questions de circulation et de partage sont au cœur de ses réflexions. Ses objets trouvés et ses sculptures manufacturées avec soin sont simultanément porteuses d’histoires entremêlées et indices de narrations en devenir. L’artiste travaille par associations, récupérations, déplacements, pour laisser advenir de nouveaux possibles dans l’espace de l’exposition.
Adrien Genty, né en 1987, vit et travaille à Paris. Il est diplômé de l'école des Beaux-Arts de Paris en 2012. Ses expositions personnelles récentes incluent Di volta in volta (Paris, 2025), Courtney Jaeger (Basel, 2024), Bagnoler (Bagnolet, 2023). Son travail a été exposé à Treize (Paris, 2025), Concert (Villejuif, 2025), Paris internationale (2020), Pauline Perplexe (Arcueil, 2017), Paramount Ranch (Angoura hills CA, 2015), la Fondation Ricard (Paris, 2014).
Hatice traite la peinture, la matière, et son support afin de mettre en avant la puissance et la politique du langage. Elle imagine un abécédaire personnel qui crie et forme des corps hybrides dans une peinture qui n’a ni format imposé ni limite d’espace, au contraire, elle déborde de toute part, voire tombe au sol. Les éléments du langage se transforment en paysage, animal, végétal. Cette métamorphose s'anime par des pensées animistes et rituelles liées à ses origines nomades Kurde Alevi, qui prône le sacré à la nature, au chant, à la danse et une égalité humaine et religieuse.