Desk Set

10.02—28.04.18

  • U+1F5BC-000

    Image encadrée

  • 🖼️

    Dessin

  • Paul Otlet

    Encre noire

  • Mundaneum

    1934

Madison Bycroft
Marvin Gaye Chetwynd
Kelly Jazvac
Ayoung Kim

Commissaire: Céline Poulin

 

«Petra Genetrix from Porosity Valley, date of birth unknown, gender non applicable. Welcome to the Immigration Data Center.» Arrivée par une porte dérobée, la machine commence à luire dans l'obscurité. Plus loin, quatre femmes entourées de livres palabrent, d'une porte à l'autre. Le téléphone sonne, dans le vide, encore. Triant des matières micro-plastiques, elles échangent sur les modes de protection contre la contamination humaine. D’autres, un poulpe perruqué sur la tête ou le visage grossièrement peint dans un costume de papier, transforment images, écritures et corps pour se faire traductrices lyriques. Toutes connaissent le poids de la terre et le nom des coutumes. Entre elles et la machine se joue la nature du savoir, émotionnel et objectif. Tel est le flux qui s’échange, mutant, mutique ou bavard, toujours répété, toujours ritualisé.

Un peu plus loin sur la gauche, une femme tricéphale observe, semblant indiquer différentes directions à suivre. Le choix incombe à l’observateur.trice, ses regards transmettant la tonalité du chemin à emprunter. Elle est de pierre, légèrement ruisselante, contrastant avec l’ensemble des corps laborieux en col Claudine classant, triant, empilant à l’autre bout de la salle.

L’obscurité facilite la vision, encore faut-il pouvoir passer, s’approcher suffisamment pour percevoir la précision des critères et déchiffrer une partie des codes. Le signal se brouille parfois, la machine s’enraye, à moins qu’il ne s’agisse d’un système de cryptage intentionnel. À force d’errance, la consistance du lieu, rhizomatique et difficile à cartographier, pénètre les chairs, oui, il devrait finalement être possible de le schématiser. Peut-être simplement s'asseoir là, à côté de ces pierres de plastique et de corail, sur la dalle composite, mêlée de vinyle et du sang des sacrifié.e.s. Humant l’air qu’on a tenté d’aseptiser—mais dont s’échappent malgré tout des odeurs de colle, de poudre et de terre moisie, coudre les images et mélanger les sources pour en produire de nouvelles.

 

Madison Bycroft (1987, Australie) vit et travaille entre Adelaïde (Australie) et Rotterdam (Pays-Bas). Sa production se déploie sous forme de vidéos, de performances et de sculptures. Elle est titulaire d'un diplôme du Piet Zwart Institute of Fine Art de Rotterdam, qu'elle a notamment obtenu grâce au soutien de la bourse Anne and Gordon Samstag. Avec Natalia Sorzano et Kari Robertson, Madison Bycroft a fondé GHOST, une plateforme dédiée à la collaboration et à la «facilitation». Elle a récemment montré ses travaux dans le cadre du Liveworks performance act award (Trente, Italie) de la Biennale de Sharjah (Beyrouth, Liban), dans le cadre d'expositions à Adelaïde (Marseille) en association avec Triangle France où elle a effectué une résidence en 2017, à la Westfälischer Kunstverein (Münster, Allemagne), à Yellow Brick (Athènes, Grèce), à Physics room (Christchurch, Nouvelle-Zélande) et à l'International Studio & Curatorial Program (Brooklyn, New York, ÉtatsUnis). En Australie, elle a participé à des expositions au Museum of Contemporary Art Australia (Sydney, Australie), à l'Australian Experimental Art Foundation (Adélaïde) et au Contemporary Art Centre of South Australia (Adélaïde).

Marvin Gaye Chetwynd (1973, Angleterre) vit à Glasgow, au Royaume-Uni. Sa pratique artistique entremêle performance, sculpture, peinture, installation et vidéo. Son travail incorpore des éléments issus du théâtre folklorique, du spectacle de rue, de la culture populaire et du cinéma surréaliste. Ses performances et vidéos emploient souvent des troupes de performeurs—recrutés parmi ses amis et ses proches—et mettent en scène des costumes et des marionnettes faites à la main. Elle a participé à des performances et à des expositions à l'international et a été nominée pour le Turner Prize en 2012. Ses projets personnels les plus récents ont eu lieu lors de l'Art Basel Parcours (Suisse, 2017), au frac île-de-france, le plateau (Paris, 2017 et à venir en 2018), au Centre for Contemporary Arts de Glasgow (Écosse, 2016), à Bergen Assembly, (Norvège, 2016), lors de la Biennale de Liverpool (Angleterre, 2016), à la Bonner Kunstverein (Allemagne, 2016), dans le cadre de l'Edinburgh Art Festival (Angleterre, 2015), à l'Open House Glasgow (Écosse, 2015), au Studio Voltaire à Londres (Angleterre, 2014), à Nottingham Contemporary (Angleterre, 2014). Elle a également pris part à de nombreuses expositions collectives, dont dernièrement, à la Walker Art Gallery de Liverpool (Angleterre, 2017), à la Tate Modern à Londres (Angleterre, 2017), à la Schirn Kunsthalle à Frankfurt (Allemagne, 2017). Elle est représentée par les galeries Sadie Coles HQ (Londres), Massimo de Carlo (Milan) et Gregor Staiger (Zürich).

Kelly Jazvac (1980, Canada) réalise des collages, des sculptures et des installations. Parallèlement, elle mène un travail de recherche interdisciplinaire sur la pollution plastique, en collaboration avec des scientifiques, des artistes et des écrivains. Cette recherche a abouti à la mise en évidence et l'étude du «plastigomérat», une pierre d'un nouveau genre faite de l'hybridation de débris de plastique fondu et de la sédimentation naturelle de sable, de bois et de roche. Son travail a récemment été présenté lors d'expositions à la TPW Gallery (Toronto, Canada), à la Galerie Fierman (New York, États-Unis), au Berman Museum (Philadelphie, États-Unis), à Koenig and Clinton (New York, États-Unis), au Prosjektrom Normanns (Stavanger, Norvège) et au musée d'art de l'Université de Toronto. Elle est représentée par la Fierman Gallery (New York).

Le travail d'Ayoung Kim (1979, Corée du Sud) expérimente différents modes d'écriture et de structure narrative à des niveaux visuels, sonores et linguistiques. Ayoung Kim s'est vu consacrer des expositions personnelles au Festival de Melbourne (Canada) en 2017 et au Palais de Tokyo (Paris) en 2016 et a créé une performance à l'Opéra Garnier en 2016. Elle a montré son travail lors de la Biennale de Venise (Italie) en 2015, au Maraya Art Centre (Dubai, Émirats Arabes Unis) en 2015, à la Künstlerhaus Bethanien (Berlin, Allemagne) en 2012, au Leeum Samsung Museum of Art (Seoul, Corée du Sud) en 2012, au Musée d'art moderne de Rio de Janeiro (Brésil) en 2011, au Museum of Arts and Design de New York (États-Unis), au 176/Zabludowicz Collection (Londres, Royaume-Uni) en 2011 et à la Royal Academy of Arts de Londres en 2010. Elle a été en résidence au Pavillon Neuflize OBC du Palais de Tokyo en 2015-2016 et à la Künstlerhaus Bethanien de Berlin en 2012. En 2010, elle a été lauréate du British Institution Award decerné par la Royal Academy of Arts de Londres, et du Young Artist of the Year Award remis par le Ministère de la Culture coréen en 2015.

Cette exposition est réalisée en partenariat avec l'Ilmin Museum of Art (Corée du Sud), l'Arts Council Korea, le Festival de Melbourne, l'INA, la TPW Gallery à Toronto, frac île-de-france, le Théâtre Brétigny et la Médiathèque de Brétigny-sur-Orge. 

Documents

Agenda

  • Samedi 10 février 2018, 17h-21h

    Desk Set

    Vernissage

    L'exposition «Desk Set» regroupe ensemble Madison Bycroft (1987, Australie), Marvin Gaye Chetwynd (1973, Royaume-Uni), Kelly Jazvac (1980, Canada) et Ayoung Kim (1979, Corée du Sud), dont la pratique consiste en la production d’une connaissance et la transmission d’informations impliquant affects et émotions.

    Navette gratuite Paris-Brétigny sur réservation à reservation@cacbretigny.com. Rendez-vous à 17h au 104 avenue de France, 75013 Paris (métro Bibliothèque François Mitterrand). 

  • Chaque mercredi, 14h30 et 16h30

    «Portrait robot d'avatar»

    Atelier de pratique artistique conçu par Alexia Foubert

    En écho à l'exposition, Alexia Foubert a conçu un atelier centré sur une version contemporaine de l'autoportrait à travers la figure de l'avatar, rendue populaire par son utilisation dans les jeux vidéos ou sur certains réseaux sociaux. Les enfants seront invités à décrire leur avatar à leur binôme, qui devra le dessiner. Chacun se fera le portraitiste de l'autre en fonction de ce qui sera dit, écrivant une histoire dont les avatars seront les protagonistes et qui prendra la forme d'un fanzine en papier, imprimé à l'issue de l'atelier.