Brétigny sur Terrasse

Mathis Collins

  • U+0042-009

    Lettre maj. latine B

  • CANTINE DE LA GARE ☕Brétigny-s-Orge

    Illustration

  • L. Vautrin

    Impression noire, 3,8 × 4,4 cm

  • Carte postale

    s.d.

Ce projet de résidence remet en jeu les traditions et les mythes hérités des avant-gardes parisiennes qui conféraient un rôle artistique aux cafés et cabarets. À partir du XIXème siècle notamment, les débits de boisson et lieux de spectacles participent à l’effervescence artistique de la ville, contribuant à la naissance de mouvements artistiques historiques. On peut citer comme célèbres exemples, les cafés montmartrois investis par les peintres post-impressionnistes et aujourd'hui icônes du tourisme parisien ou encore les établissements du quartier de Montparnasse et du quartier latin qui réunirent les différents acteurs du mouvement surréaliste et situationniste. À cette époque, le café est à la fois un lieu de réunion et de discussion où les peintres, sculpteurs, écrivains et poètes se rencontrent et partagent leurs idées. Il est également un lieu d'exposition et de conspiration insurrectionnaliste. Les artistes y présentent très régulièrement leurs œuvres, qui pouvaient parfois rester plusieurs mois à la demande du propriétaire, mais y prévoient également le renversement complet de l'art et de son économie.

À l’instar de bon nombre de villes, les commerces de Brétigny-sur-Orge sont essentiellement excentrés en périphérie de la ville, dans des centres commerciaux ou des zones industrielles uniquement accessibles en voiture. Le quartier du centre ville, fortement fréquenté avec la gare, demeure cependant un lieu de passage et de vie. En l’investissant à travers ce projet, Mathis Collins étend les espaces d’usages de l’art, hors des murs blancs de l’exposition, jusque dans l’espace public, et met l’accent sur ce qui fait la définition de ce dernier, à savoir un lieu de sociabilité, où la parole s’échange et où l’on passe du temps.

Durant la résidence, différents rendez-vous s’établiront ainsi dans un café partenaire, le Brétigny Billard Club. Mathis Collins souhaite y proposer une série d'ateliers publics qui sera centrée sur la populaire table de café. Un groupe d’habitant.e.s travaillera avec l’artiste à la conception des guéridons pour la terrasse ou la salle. Les participant.e.s se réuniront afin d’échanger leurs idées pour la création de ce mobilier et faire de l’endroit un lieu de fête intergénérationnelle, propice à l’expérimentation artistique.

Cette résidence fait suite à la présentation, en janvier 2019, du Guéridon de l’Etincelle lors de l'exposition «Futomomo» au CAC Brétigny, une table dessinée et forgée avec la collaboration de douze étudiants du Lycée du Mont-Châtelet, à Varzy, où Mathis Collins fut en résidence en 2017.

 

Ce projet bénéficie du soutien de la Région Île-de-France dans le cadre des résidences d'artistes.

Mathis Collins (1986, France) vit et travaille entre Paris et Londres (Royaume-Uni). Il a étudié à l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy, puis à Bruxelles, Montréal et Metz, ainsi qu’à l’Open School East de Londres. Développant une pratique mêlant sculpture, performance et poésie, Mathis Collins travaille autour d’objets et de pratiques artisanales populaires dont il réinvestit le catalogue des formes au travers de l’expérience collective et d’une approche par l’absurde. Membre du collectif parisien Treize, Mathis Collins a présenté son travail au Palais de Tokyo (Paris), au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, à la Friche Belle de Mai (Marseille), à la Rijksakademie (Amsterdam), à 1m3 (Lausanne), à Longtang (Zürich), à la Fondation Lafayette Anticipation (Paris) et à la galerie Crèvecoeur (Paris).