«The poetry inside of me is warm like a gun»

Fanny Lallart

  • U+0052-003

    Lettre maj. latine R

  • BRETIGNY NOTRE VILLE

    Titrage

  • s.n.

    Impression couleur, 2,2 × 1,9 cm

  • Brétigny Aujourd’hui, №53, p.1

    01.01.1990

«The poetry inside of me is warm like a gun»  [1]

 

Au départ il y a une série de questions qui se posent.

Elles arrivent au-devant de moi chaque fois que je me demande comment on va faire. Je touche du doigt un nœud qu’il faut que je desserre pour pouvoir continuer à longer le fil. C’est dire: j’en suis là. Tout ce que je commence me ramène invariablement à cette liste de questions en suspens.

Alors ici je vais chercher des pistes de réponses. Je construis ma propre enquête, ma propre méthode. Je le fais avec d’autres. Je le fais avec et pour toutes celles qui expérimentent ces interrogations dans leur quotidien.

Par la parole, des choses s’articulent et se délient.

Par l’écriture, on raconte ce qu’on voudrait se sentir capable de faire, les raconter suffit parfois.

Et ces fantômes de femmes revanchardes, vengeresses, qui nous accompagnent.

Il faut parfois les convoquer pour qu’elles ouvrent dans nos imaginaires,

de nouveaux horizons.

 

Comment ne pas nous laisser déposséder de nos conflits?

Comment construire une justice qui nous répare?

Comment retrouver de la force?

Comment répondre à la violence sans perpétuer les violences institutionnelles?

Comment répondre à la violence sans créer plus de violence?

Quand la violence est-elle légitime?

Quelle place donner aux désirs de vengeance?

Qu’avons-nous à apprendre de notre propre colère et de celle des autres?

Que veut dire pardonner?

Comment incorporer du soin dans notre quotidien?

Comment gérer nos émotions et nos besoins contradictoires?

Comment laisser la possibilité aux individus de changer?

Fanny Lallart
 

Notes:

 [1] Lana del Rey, «Bartender» de l'album Norman Fucking Rockwell! Polydor Interscop, 2019.

 

Ce projet de recherche mené par Fanny Lallart se construit en collaboration avec le Centre Social Nelson Mandela de Brétigny-sur-Orge, le Centre Socio-culturel Berthe Morisot de Saint-Germain-lès-Arpajon et la Maison de la Justice et du Droit de Cœur d’Essonne Agglomération basée à Villemoisson-sur-Orge. Il s'inscrit dans le cadre du Contrat d'Éducation Artistique et Culturelle (CTEAC) de Cœur d'Essonne Agglomération avec la DRAC Île-de-France et l'Académie de Versailles.

Fanny Lallart (née en 1995 à Lyon) vit et travaille à Montreuil et est artiste, écrivaine et militante. Elle est co-commissaire du projet ELGER avec Céline Poulin, parallèlement à sa résidence au CAC Brétigny en 2021. Elle a étudié à l’École nationale supérieure d'arts de Paris-Cergy où elle a passé son diplôme en octobre 2020. Ce dernier a pris la forme d’un espace de parole radiophonique ouvert. Elle développe depuis plusieurs années un travail critique à travers une pratique d’écriture et des projets collectifs. Elle a publié son mémoire sous forme de fanzine, intitulé 11 textes sur le travail gratuit, l’art et l’amour, dans lequel elle interroge notre rapport au travail en s’appuyant sur les pensées d’autrices comme Elsa Dorlin, Sara Ahmed et Sarah Schulman. Elle est co-fondatrice de la revue Show, une revue étudiante participative. Elle a également été à l’initiative avec Thily Vossier de «Minimarket», un cycle d’expositions dans une supérette à Lyon de 2016 à 2019.