lunulae #4

25.05—06.07.24

  • U+0058-000

    Lettre maj. latine X

  • }EXPO>

    Signalétique

  • s.n.

    Feutre, 7 × 4 cm

  • Sainte-Geneviève-des-Bois

    s.d.

«lunulae»
Cycle d’expositions et de résidences
Commissaire: Thomas Maestro

«lunulae #4»
Avec Ethan Assouline, Célia Boulesteix, Collectif Grapain, Andréa Spartà, Sandar Tun Tun & Ife Day, Xolo Cuintle

Espace de la Croix Louis de Brétigny-sur-Orge
25.05—06.07.24
Du mardi au samedi de 14h à 18h.

Cette dernière exposition du cycle «lunulae» se situe juste à la surface des choses, là où l’on peut deviner les traces de secrets enfouis. Nous arpentons différentes zones (intimes, politiques, habitées, désertes ou hantées). Elles sont autant d’espaces aux frontières floues, appelant à reconsidérer notre rapport au temps.

L’errance commence avec le duo Xolo Cuintle. Romy Texier et Valentin Vie Binet ont imaginé une maquette faisant référence à l’espace d’exposition. Mais ici, le sol est fait de sillons évoquant la tradition agricole de l’Essonne, dont la terre a été remplacée par une poudre de béton. Nous sommes projeté·es dans une ère géologique incertaine et désertique, sédimentée par nos matériaux de construction. Les artistes cherchent ainsi à troubler la perception du temps: iels nous font autant entrevoir un avenir post-humanité qu’un passé relativement proche.
Ce mélange temporel est également présent dans le travail du collectif Grapain. Avec leur film Sans soleil, Maéva et Arnaud Grapain nous proposent de circuler entre des ruines baignées par la lumière d’un soleil mourant. Ces paysages désolés peuvent évoquer un futur potentiel ou le chaos qui précède  la création d’un monde, des milliards d’années en arrière. Ailleurs, l'installation Bord de route crée un seuil entre nature et architecture. D’un mur dégradé s’échappe de la laine de roche et des sérigraphies de végétaux imprimées à l'huile de moteur qui s'estompent au fil du temps. L’ensemble cherche à nous rappeler l'impermanence des êtres et des choses.
Cette impression d’être entre plusieurs existences se retrouve dans la collaboration entre Sandar Tun Tun et Ife Day. Iels présentent un rideau de perles qui semble être passé par le feu et un portail carbonisé sur lequel sont accrochés divers objets abîmés. Ces deux passages évoquent, pour les artistes, les urgences permanentes que nous devons tou·tes traverser et qui nous forcent à osciller entre désir et angoisse. Ils sont complétés par une installation sonore qui se révèle par indices, éloquents ou plus discrets. L’espace d’exposition est hanté de traces de récits et de musique, résonnant avec les travaux des autres artistes et avec ses visiteur·euses.
Le travail d’Ethan Assouline ponctue lui aussi discrètement l’exposition. Sur ses dessins et collages, on discerne des silhouettes absentes et des fragments d’images. Leur fragilité peut évoquer la vulnérabilités des êtres, là-encore traversé·es par les violentes injonctions du monde. Ici, l’intimité devient un refuge, une zone à construire, un espace de lutte contre l’autorité.
Andréa Spartà, à son tour, imagine des espaces mystérieux sous la forme de sculptures et d’installations. Ici, il présente notamment des boîtes en carton contenant des objets dont les agencements évoquent le quotidien, dans une mise en scène cependant étrange. Sur les flancs des boîtes, le mot «daily» [quotidien] entouré de deux flèches est un rappel mélancolique du caractère cyclique du temps. Ailleurs, une œuvre invisible est comme coincée dans une autre dimension, dans une zone inaccessible et fantasmée: elle peut nous être racontée par les médiateur·rices de l’exposition.
Enfin, Célia Boulesteix s’intéresse à d’autres existences et se saisit de leurs souvenirs. Ses matériaux sont souvent récupérés et portent les marques du temps, à l’image de cette grande structure métallique entre reste de chantier et ruine, ou de ces photographies abîmées qui renferment des souvenirs semblant prêts à s’effacer. Il réside en eux une forme de mémoire énigmatique qui a pourtant un rôle à jouer dans cet avenir en construction.

Il existe autant de définitions des zones qu’il y a d’êtres pour les créer et les habiter. Ce qui rassemble celles imaginées ici est une forme de mélancolie rêveuse, qui maintient la pensée dans un état d’éveil discret mais attentif.
 

Après un parcours en école d’art (ESADHaR Le Havre et Rouen), Thomas Maestro a choisi d’ouvrir sa pratique artistique à une dimension curatoriale. Il s’est formé dans le cadre d’un master de commissariat d’exposition (Sorbonne Université) et fait partie du collectif Champs magnétiques. Avec ce groupe, il co-construit les cycles d’expositions «Des soleils encore verts» (2021) et «Le réseau des murmures» (2023-2024). Il a également été curateur associé et chargé de projets au Cneai (Centre National Édition Art Image), puis assistant artistique et de commissariat auprès de Daniel Purroy à Vitry-sur-Seine (artiste et ancien directeur artistique de la Galerie Municipale Jean-Collet). Il est également membre du duo artistique et curatorial Éléments partout, cofondé en 2020 avec sa collaboratrice Agathe Schneider. Il s’intéresse aux secrets, aux décalages du réel, aux ruines et aux cabanes, à ce qui est peu visible mais bien présent. La transmission est au cœur de ses envies, en tant que vecteur de mouvements collectifs.

Ethan Assouline (né en 1994) vit et travaille à Paris. Sa pratique, qui se déploie à travers la sculpture, l’installation, l’écriture, l’édition, le dessin et l'organisation de moments collectifs autour de la lecture et l'écriture tente de poser un regard critique sur la ville moderne et son langage dans ses dimensions architecturales, économiques et politiques. Il a exposé son travail, entre autres, au centre d’art et de recherche Macao à Milan en 2019, au Crédac à Ivry-sur-Seine en 2022 et au Grand Café à Saint-Nazaire en 2023. Il est membre de Treize, structure associative de production, d’exposition et d’édition.

Célia Boulesteix (née en 1996) vit et travaille à Paris. Elle est diplômée de l’École supérieure des arts appliqués Duperré en 2019. Artiste pluridisciplinaire, elle mêle peinture, sculpture, installation et photographie dans une esthétique qui trouble la frontière entre passé et présent. Elle est en résidence à la Villa Belleville en 2022 et à la fondation Fiminco en 2023-2024. Ses œuvres sont notamment exposées à l’Espace Voltaire en 2022 et chez Lucid Interval à Paris en 2023.

Ife Day (né∙x en 1987) est artiste visuel et performeur·x. Son travail mêle textes, dessins, vidéos et danse. Iel développe des textures spacio-temporelles et corporelles inspirées des mondes Caraïbes. Au travers des décharges multiples que provoque le déplacement, Ife Day creuse des motifs récurrents: le rêve, l’écologie des restes, l’errance afin d’y percevoir d’éventuelles possibilités de transfiguration sociale et politique. Iel est artiste associé·x à Triangle-Astérides en 2022-2023 et son travail est notamment présenté au Salon de Montrouge en 2023.

Le Collectif Grapain est un duo composé de Maëva Grapain (née en 1992) et de son frère Arnaud (né en 1989). Elle et il vivent et travaillent entre Paris et Hanovre et s’intéressent aux récits science-fictionnels et dystopiques. Le duo construit des sculptures et installations inspirées de rebuts industriels. Leurs œuvres sont présentées dans de nombreuses institutions dont le Kunstverein de Hanovre en 2021, la Grande Halle de la Villette et le Kestner Gesellschaft en 2022.

Andréa Spartà (né en 1996) vit et travaille à Paris. Il obtient son diplôme de l'École nationale supérieure d'art de Dijon en 2019. Son travail de sculpture et d’installation s’inspire d’objets domestiques qu’il met en scène en les sortant d’un contexte quotidien. Il est résident à la Cité Internationale des Arts à Paris en 2021 et à la Fondazione Pistoletto de Biella en Italie l’année suivante. Il est exposé dans des lieux tels que la Kunsthalle de Berne, le Musée des Beaux-Arts de Dole, ou la Fondazione Zimei à Pescara en Italie.

Sandar Tun Tun (né∙x en 1989) vit et travaille à Marseille. Son travail se construit autour de la fabulation, de nouvelles alliances et trajectoires collaboratives. Artiste, chercheur·x, DJ et compositeur·x, iel développe une pratique sonore, spatiale et performative centrée autour de l’écoute, réactivité sensible et critique. Son travail est présenté à la Friche La Belle de Mai en 2022 et au centre d’art de la Villa Arson ainsi qu’au Beursschouwburg à Bruxelles en 2023.

Xolo Cuintle est un duo d’artistes formé en 2020 par Romy Texier (né en 1995) et Valentin Vie Binet (né en 1996). Elle et il vivent et travaillent à Paris et Aubervilliers et sont issu·es de formations d’arts appliqués. Le duo produit des sculptures, du mobilier et des décors qu’elle et il mettent en scène pour créer des univers oniriques hors du temps, propices à l’évasion narrative. Les créations de Xolo Cuintle sont notamment montrées en 2021 à Double Séjour dans le cadre d'une invitation du commissaire Joël Riff et à la Manufacture des Gobelins lors d'une résidence au Mobilier national entre 2019 et 2020. Certaines sont entrées dans les collections de KADIST en 2020 et dans celles du CNAP en 2023.

Agenda

  • Samedi 25 mai 2024, 14h-18h

    lunulae #4

    Ouverture

    Ouverture du dernier chapitre du cycle d'expositions hors les murs «lunulae» du commissaire Thomas Maestro. 

    Entrée libre. Espace de la Croix Louis de Brétigny-sur-Orge

  • Mercredi 29 mai, samedi 8 juin et mercredi 19 juin, 15h-16h30

    «Vestiges en boîte»

    Atelier de pratique artistique pour tou·tes

    Les participant·es entrent dans la peau d’archéologues du futur. Elles et ils relèvent les traces de leur environnement en explorant les techniques du dessin, de la photographie et du modelage. Les fruits de cette récolte sont rassemblés dans une boite que chacun·e pourra ajouter à ses archives.

    De 3 à 99 ans. Gratuit sur inscription: reservation@cacbretigny.com ou +33 (0)7 85 01 10 31. Espace de la Croix Louis de Brétigny-sur-Orge

  • Samedi 6 juillet 2024, 14h-18h

    lunulae et Les conjugueuls

    Finissage de la saison hors les murs

    Finissage de la saison 2023-2024 hors les murs, avec une programmation commune aux cycles d'expositions «Les conjugueuls» de la commissaire Valentina Ulisse et «lunulae» du commissaire Thomas Maestro. 

    Navette gratuite Paris-Brétigny: départ à 14h15 du 104 avenue de France, 75013 Paris (métro Bibliothèque François Mitterrand). Réservation indispensable: reservation@cacbretigny.com.