L’ABCC du CACB

Coline Sunier & Charles Mazé

  • U+1F520-000

    Symbole de saisie de lettres majuscules latines

  • The ABCC of CACB

    Logotype

  • Coline Sunier & Charles Mazé

  • CAC Brétigny

    2016

En résidence au CAC Brétigny, Charles Mazé & Coline Sunier sont en charge de l’identité graphique du centre d’art, conçue comme un espace de recherche sur le long terme. L'ABCC du CACB est un abécédaire composé de lettres et de signes collectés à Brétigny et dans le département de l'Essonne, ou choisis en relation avec le centre d'art, son programme et ses artistes invités. Ce corpus prend la forme d’une typographie intitulée LARA, dont certains signes sont activés, un par un, sur les supports de communication, considérés comme des espaces de publication et de diffusion de la recherche. En associant des voix multiples dans une même typographie dont le nombre de glyphes est en perpétuelle augmentation, avec des écritures tour à tour vernaculaires, institutionnelles, personnelles ou publiques, L'ABCC du CACB tente d’éditer le contexte géographique, politique et artistique dans lequel se trouve le CAC Brétigny.

LARA et BALI

Chaque signe LARA est accompagné d'une légende comprenant: le numéro Unicode, le nom du caractère, la transcription de la source depuis laquelle le signe est extrait, le type de message, son auteur, ses données techniques, sa localisation et enfin, la date de création de la source.

En parallèle de LARA mais voyageant en sens inverse, BALI est un caractère sans-sérif et sans contraste. D'abord destinée à la transcription textuelle dans les légendes des signes LARA, BALI est utilisée sur tous les supports de communication du CAC Brétigny. LARA et BALI peuvent être considérées comme deux extrêmes de la transcription typographique d'un message. La première reproduit le plus fidèlement possible l'aspect visuel du signe original, tandis que la seconde en privilégie le sens par la neutralité de ses formes.

LARA et BALI sont les noms de trains RER reliant Paris à Brétigny, et Brétigny à Paris.

L'ABCC du CACB—LARA

Alors que les signes de la collection sont dispersés sur les supports de communication, l'ensemble de la collection LARA est mise à jour et consultable sur le site internet du CAC Brétigny.

CAC Brétigny

Pour refléter la vie quotidienne du CAC Brétigny et ses différentes activités accompagnant les expositions et les résidences, un ensemble de signes est ajouté à LARA et régulièrement complété selon les besoins du centre d'art. Les initiales C, T, m et m pour les cartes de visite des membres de l'équipe, un panier de fruit 🍲 annonçant le dîner d'un vernissage, une main en train d'écrire pour les cartes de correspondance, un soleil au large sourire 🌞 pour la fermeture estivale, un lecteur dans un chapeau 📖 pour les lancements de livres…

CAC Brétigny 🚬

Outre les signes liés aux projets du centre d’art dispersés sur les supports de communication, des formes d’expression populaires sont également recensées dans LARA. Peu étudiés car considérés comme étant vulgaires voire violents, ces messages inscrits par les habitants témoignent pourtant, de manière vive, franche et parfois cathartique d’un contexte géographique et politique.

Reliant au sein d’un même bâtiment une médiathèque et un théâtre, le CAC Brétigny est situé à proximité d’une zone scolaire (lycée Polyvalent Jean-Pierre Timbaud, collège Paul Eluard) et périscolaire (école de Musique, piscine Léo Lagrange, stade Auguste Delaune) très active. Les alentours du centre d’art regorgent d’écritures et de graffiti en tout genre, tracés par les jeunes de la région (91, Athis-Mons, Brétigny, Étampes, Fleury-Mérogis, etc.). Ces écrits gagnent parfois les espaces du CAC, comme sur l’extérieur de l’Annexe de l’Atelier van Lieshout, ou dans les livres d’or en usage lors des précédentes directions. Non loin de l’entrée du théâtre, un espace privilégié des lycéens regroupe des centaines d’inscriptions—noms et prénoms parfois accompagnés de qualificatifs ou d’insultes, numéros ou indicatifs téléphoniques, noms de pays ou de villes, hashtags, adresses YouTube, etc.—et de dessins—smileys 😛 😛, têtes de mort , phallus, doigts d’honneur 🖕 🖕 🖕 🖕, pouces levés façon like Facebook 👍 👍 👍, ou encore les fameux cool S S S Ƨ Ƨ.

Un passage célèbre de Brétigny est celui qui, sous la gare, permet de connecter à pied les parties est et ouest de la ville. Comme toute zone couverte à l’abri des regards, dessins, graffitis, affiches ou stickers politiques prolifèrent entre chaque nettoyage. D’autres gares RER de la région possèdent le même type de passage souterrain, comme à Sainte-Geneviève-des-Bois où un «Avertissement» sur une large plaque boulonnée au mur s’adresse «À ceux dont le grand jeu est de régulièrement taguer le souterrain de la gare […].»

CAC Brétigny

Avec les trois premières lettres de l’alphabet latin ABC il est déjà possible d’écrire CACB, soit l’amorce de CAC Brétigny. Ainsi, pour l'exposition «JUMP» annonçant la réouverture du CAC Brétigny, la première activation de la typographie est une collection de lettres capitales AAAAAA, BBBBBB et CCCCCC, observées sur les murs intérieurs et extérieurs du centre d’art et sur le chemin menant au RER C. Sur ce terrain initial, on peut croiser, entre autres, le A d’une enseigne d’un magasin de retouche; un B relevé sur la signalétique du CAC Brétigny, dessiné en 2003 par Vier5—designers graphiques en résidence lors de la direction de Pierre Bal-Blanc—, ainsi qu’un B issu du premier logo du centre d’art réalisé en 2000 par Antoine Groborne lors de la direction de Xavier Franceschi; mais aussi un trio de CCC du graffiteur COSMOS dont le nom est présent sur tous les murs alentours du CAC Brétigny. 

CACBrétigny

Pour «Vocales», ce sont des signes typographiques et symboles iconographiques signifiant l'oralité, la parole, le dialogue ou la conversation qui ont été collectés. Ce nouvel ensemble inclut des éléments de ponctuation de l'alphabet latin—les marques du discours rapporté comme les guillemets—et des symboles iconographiques figurant le discours 🗨, la pensée 💭 ou la discussion 🗪 par des phylactères. Vidés pour l'occasion de leur contenu textuel d'origine, ces phylactères conservent pour certains des signes d'intonation, d'exclamation ou d'interrogation et sont intégrés à la typographie en tant qu'émôticones.

L'ensemble de ces signes est issu de publications locales et départementales comme le mensuel d'informations municipales de Brétigny-sur-Orge, d'abord intitulé Brétigny Notre Ville (1977-1983) puis Brétigny Aujourd'hui (1984-2002), pour être renommé Parole («Le magazine qui parle de Brétigny aux Brétignolais», 2003-2014), titre ensuite accordé au pluriel en Paroles (2015–). Ces journaux—aux noms renvoyant à une forme idéale de discours des élus aux habitants—regorgent de bulles en tout genre et d'éléments de ponctuation. En usage depuis 2003, le logo actuel de la ville de Brétigny reprend d'ailleurs la forme d'une parole citée entre guillemets et a été détourné par la ville elle-même en 2006 avec le logo Brétigny 2010 Parlons-en.

D'autres signes proviennent enfin du magazine Essonne publié par le Conseil départemental depuis 1999, parmi lesquels le 🗨 bavard prélevé du titrage en couverture du magazine, ou encore le logo 🗨 de l'application VOX 91 («Je pense donc je dis») récemment développée par le Département de l'Essonne.

CAC😕Brétigny

Dans certaines de ses œuvres, l'artiste américaine Liz Magic Laser a repris et détourné des schémas dessinés d'après le chanteur et enseignant français François Delsarte (1811-1871). Après avoir perdu sa voix chantée, Delsarte conçut un «système expressif», une méthode d'apprentissage et d'étude des gestes destinée aux danseurs, principalement diffusée et transmise de manière posthume par ses élèves aux États-Unis. Conservés en Louisiane, des dessins originaux et inédits de Delsarte ont été étudiés par le chercheur français Franck Waille. Un schéma intitulé Écriture du Geste datant de 1839 présente une succession de variations d’expressions du visage 👿😈😦☹😏😊😲😞😕😧😯😨😳🙄😟😐😑😒🙂😬😠😡👹🙁😖. Cet ensemble de 25 visages, conçus grâce à une combinatoire de sourcils, paires d'yeux, nez et bouches, apparait comme une véritable préfiguration des émôticones actuels 👿😈😦☹😏😊😲😞😕😧😯😨😳🙄😟😐😑😒🙂😬😠😡👹🙁😖. 

Chaque exposition au CAC Brétigny est l'occasion d'ajouter des signes à LARA et de compléter ainsi ses cases Unicode. Initié en 1991, le standard Unicode est le système officiel mondial de codage des typographies, assignant à chaque caractère un nom et un identifiant numérique. Incluant d'abord 2 smileys—☺️ U+263A et ☹ U+2639—en 1993, la dernière mise à jour Unicode en 2016 porte à plus de 80 le nombre d'expressions faciales différentes. 

CAC Brétigny

Pour «Le Final», une programmation d'événements de fin d'année conçue chez les partenaires, une collecte de signes de ponctuation a été réalisée sur les lieux où se déroulent les événements.

🏺CAC🏺🏺🏺Brétigny🏺

Dans ses notes pour un scénario de film documentant son travail, Valentine Schlegel énonce une liste d’actions diverses et sans hiérarchie: «je bats la terre / je pose du plâtre / je pioche un mur / je pioche la terre / je cloue du cuir / je coupe du bois / je rame / je tourne un pot / je fais des confitures / je sculpte du bois / je rame / je mets mes godillots / je roule pieds nus à la plage un cordage / je plante / je coupe les arbres / j'épluche / je ramasse tout à la plage / je brode».

À l’occasion de l’exposition «Cette femme pourrait dormir dans l’eau», la collection de signes LARA a été enrichie par des éléments issus de la production variée de Valentine Schlegel. Les signes réunis décrivent les différentes activités à laquelle elle pouvait s’adonner en une journée: dormir, avec un autoportrait en dormeuse 😴 ou un chat assoupi 🐈; manger, avec une série de couverts et d’ustensiles de cuisine 🥄🥄🥄🥄🥄; collectionner, avec une série de couteaux 🔪🔪🔪🔪🔪 dont elle avait une quantité considérable de spécimens; travailler, avec une cheminée 🔥, une série de vases 🏺🏺🏺🏺🏺; cueillir, avec une engobe d’Andrée Vilar figurant une main qui tient une fleur 💐; offrir, avec ces multiples objets tels qu’un sifflet en forme de sirène 🧜, une carte de vœux 👩, un bateau en broderie , qu’elle fabriquait pour son entourage.

CAC Brétigny M 

Pour «Mémoire double», une collection de M majuscules en écriture d’imprimerie et de majuscules en écriture manuscrite, tous issus de documents datés de la Première Guerre mondiale, rassemblés dans la collection Galateau à Brétigny-sur-Orge. L’Histoire imprimée (journaux, posters, tracts) et l’Histoire écrite sur le terrain (correspondances, journaux intimes, …) s’entremêlent ici pour évoquer des Mémoires possibles, où toutes les occurrences d’une même lettre ne signifient jamais la même chose.

  🏞  CAC 🧜 Brétigny 🌌

L’ABCC du CACB s’augmente pour «Desk Set» de dessins du bibliographe et «visionnaire d’internet» Paul Otlet (1868-1944). Dans les années 1920, Otlet créa à Bruxelles le Mundaneum, qui visait à intégrer tous les savoirs du monde dans un Répertoire bibliographique universel, maintenant qualifié de «Google de papier». Il conçut de nombreuses planches exposant ses théories, notamment l’Encyclopedia Universalis Mundaneum d’où nous avons relevé 24 émojis [📽️👩🏞⌚🔮🏢🚪⌨️🌌④👩📕🗣️🚪☎️🗄️💀🧜📰🖼️📄🌐⌨️🧠] se référant à certains mots-clés du texte d’introduction à l’exposition. Cet ensemble forme un rébus partiel résonnant avec les thématiques abordées par le film américain Desk Set (1957) et les pratiques des quatre artistes de l’exposition, comme la transmission des savoirs ou les liens entre l’homme et la machine.

  CAC  Brétigny 

Pour «MEMBRAINS», des signes ont été relevés sur les machines de l’atelier technique du Lycée Jean-Pierre Timbaud de Brétigny-sur-Orge, voisin du centre d’art et lieu de la résidence «COMPUTERS» de Florian Sumi. L’atelier regroupe des machines-outils conventionnelles et à commande numérique, de fabrication française mais venant aussi d’Allemagne, d’Espagne, du Portugal, ou d’Italie. Outre les logotypes des marques, ces équipements sont recouverts d’indications de sécurité, de mesures, de graduations et de signes graphiques techniques pour en permettre l’utilisation. Décontextualisés et défonctionnalisés, les signes choisis forment des micros-séries abstraites de fréquences et d’ondes ( 🌊 ◣), de flèches et curseurs ( 🔁 🔁 ), trouvant une nouvelle narration dans la communication de l’exposition.

CAC 🌺 Brétigny

À Brétigny-sur-Orge, comme dans de nombreuses autres communes en France, 135 rues et 24 équipements de la ville portent un nom d’homme, 11 rues et 5 équipements un nom de femme. Ainsi, le CAC Brétigny (anciennement Centre culturel Gérard Philipe) se trouve rue Henri Douard, au sein de l’Espace Jules Verne, et jouxte un complexe scolaire et sportif regroupant le lycée Jean-Pierre Timbaud, la piscine Léo Lagrange, l’école de musique Gérard Philipe, le collège Paul Éluard, les courts de tennis René Audran et le stade Auguste Delaune

Dans un espace public français encore majoritairement planifié, construit et fréquenté par des hommes, il n’est donc pas surprenant que les graffitis à caractère érotique ou sexuel observés dans l’Essonne représentent presque exclusivement des phallus, parfois accompagnés de texte (injures, noms, téléphones…). Seules 4 vulves et 7 paires de seins—certainement dessinées par des hommes—ont été collectées contre 103 phallus et 5 fessiers. Ils ont été observés dans l’espace public (parcs, places), sur ou aux abords d’établissements publics et semi-publics (administrations, établissements scolaires, HLM) ou religieux.

À l’occasion de l’exposition «Au nom du Père, de la Patrie et du Patriarcat» de Núria Güell, cette collection réduite à 24 signes atteste de cette répartition inéquitable et dresse un constat loin d’être nouveau: l’homme aime marquer son territoire—dire qui il est et où il est. Dans l’Antiquité, les graffitis érotiques étaient courant et les phallus prédominent déjà largement dans l’inventaire réalisé à Pompéi. Séparés du corps voire affublés d’ailes ou de pattes, les sexes semblent mener leur vie autonome. Aujourd’hui les fonctions de ce type de graffiti sont variées : s’approprier un territoire ou laisser la trace d’un passage, signifier l’usage détourné d’un lieu, moquer quelqu’un en particulier, faire rire ou provoquer le passant, faire passer le temps en s’adonnant à des jeux graphiques, exprimer anonymement un désir ou une frustration, ou même faire office d’éducation sexuelle pour les plus jeunes graffiteurs.

Précisons que si elles revêtent maintenant un caractère injurieux et provocateur, les représentations de phallus n’ont pas toujours eu cette réputation et pouvaient détenir une fonction symbolique protectrice ou curative: dans l’Antiquité romaine, des amulettes phalliques étaient portées en bijou et des offrandes votives étaient réalisées en forme de pénis.

Certains systèmes d’écriture contiennent des symboles pour signifier les organes génitaux, comme l’écriture cunéiforme, l’écriture sumérienne ou l’écriture hiéroglyphique égyptienne. Aujourd’hui les égyptologues disposent de ces signes pour leur transcription scientifique, et on peut s’étonner de leur absence dans l’Unicode parmi les émoji alors que les questions de genre ou de carnation ont déjà été soulevées. Pour combler ce manque, le détournement des émoji aubergine 🍆, maïs 🌽, banane 🍌, hot dog 🌭, fusée 🚀 ou encore de fleur 🌺, donut 🍩, pot de miel 🍯, pêche 🍑, voire même sushi 🍣 font maintenant partie des classiques, une stratégie adoptée ici pour intégrer les signes à la typographie LARA.

CAC BréTigny

«Qui n’a pas essayé d’ôter au O d’un titre de journal sa valeur de lettre en y ajoutant des yeux, un nez et une bouche, ou de rendre un Y moins austère en le transformant en coupe de champagne? […] La manière la plus directe de rendre figuratives des lettres consiste à transformer le signe ou le mot en expression imagée. Il se produit alors une forte interférence entre ‘visibilité’ et ‘lisibilité’. Ce double effet est d’usage fréquent chez les graphistes modernes, par exemple pour graver dans la mémoire une marque, l’observateur étant ‘intrigué’ par le jeu de l’abstrait (lettre) et du concept (image).» (Adrian Frutiger, Des signes et des hommes, Denges [Lausanne], Éditions Delta & Spes, 1983, p.116)

Pour écrire le titre de l’exposition «Futomomo», nous avons constitué une collection de lettres anthropomorphes et de lettres-objets F, M, O, T, U. Issues de logotypes de marques, d’entreprises, de commerces présents dans les pages jaunes ou sur les enseignes des zones d'activité de l’Essonne, ces lettres transposent «ce qui unit chairs et choses» dans l’espace de la «communication visuelle».

A Btgn

Les signes de la communication de l’exposition «les cellules blanches, nues et le sommeil électrique» correspondent à la première phrase d’une note manuscrite sténographiée anonyme datée de 1981, issue des archives personnelles de Sébastien Rémy. 
 
L’écriture sténographique est un système de signes destiné à écrire plus rapidement que l’écriture traditionnelle, idéalement à la vitesse de la parole. Pratique largement féminisée et liée au phénomène de bureaucratisation, la sténographie peut être employée dans un contexte professionnel ou personnel. Plusieurs méthodes de sténographie sont en usage en France: outre des règles communes, elles font appel à une part de liberté et d'adaptabilité aboutissant à des écritures personnalisées difficiles voire impossibles à déchiffrer, pour un·e lecteur·trice tout autant que pour un·e autre sténographe. 
 
Pour intégrer ces signes personnels et illisibles à la typographie LARA, il a fallu tirer profit d’une zone de codage particulière de l’Unicode—le standard mondial de codage des typographies numériques—, la zone privée (Private Use Area, PUA), unique espace de liberté formelle et sémantique dans le codage de l’écriture. Tandis que le standard Unicode permet une normalisation stricte et figée du langage, sur n’importe quel terminal partout dans le monde, le PUA autorise un usage totalement libre de 137 468 entrées, dont l’interprétation n’est ni standardisée ni préétablie, et doit donc être convenue de façon privée.

CAC 🎭 Brétigny

Pour l’exposition «Slash Universe», les artistes Dana Michel et Yoan Sorin ont imaginé une série de 14 dessins illustrant des actions à venir le temps de l’exposition: 

BOIRE SES LARMES 😢👅, ↪ ⛰SE CACHER SOUS UN ROCHER, SOURIRE AVEC UNE ALLURE DE COWBOY EN RETIRANT SES LUNETTES 🤠🕶️, 🦵 🦵 _ ÊTRE AU DESSUS DU SOL, S’HABILLER EN RAMPANT 🐛 👕👖, FRAPPER DES MAINS ET DES PIEDS 👏➡️🦶 ↔️ 🦶, Rouler dans un trou 🚶↪️🕳️, FAIRE DU YO-YO AVEC UNE PERSONNE ENROULÉE DANS UN FIL 🚶🪀 ⤵🚶, MARCHER EN ZIGZAG 🚶⌇, SE CACHER À DEUX LES CHEVEUX NOUÉS 🧑🧑 AVEC DEUX GRANDS BRAS 💪💪 🚬🌻 RAMASSER DES OBJETS, SE REGARDER PENDANT QUE DES OBJETS TOMBENT 👀👀⬇️👟⬛🍎🚬, METTRE DES CLOPES DANS ✋🚬UN VERRE À BALLON EN 🍷ÉQUILIBRE ⚖️, 🕺🦵🦵🧳 DONNER L’IMPRESSION DE DANSER AVEC DES JAMBES MOLLES SUR UNE VALISE, 🧑🧑🕶️PARTAGER UNE PERRUQUE ET DES LUNETTES.

Ces dessins, qui contiennent à la fois la représentation de l’action et sa description textuelle, ont été réalisés sur tablette tactile par Yoan Sorin de façon spontanée puis longuement redessinés par nos soins afin d’être intégrés à la typographie LARA en tant qu’émoji.

Coline Sunier & Charles Mazé

Coline Sunier & Charles Mazé sont designers graphiques et typographes. Entre 2008 et 2018 ils vivent et travaillent aux Pays-Bas, en Belgique et en Italie, et sont maintenant installés à Marseille et Paris. Ils ont été pensionnaires de l’Académie de France à Rome—Villa Médicis en 2014-2015 et sont designers graphiques en résidence au CAC Brétigny et au CRAC Alsace. Coline Sunier (FR/CH) enseigne à l’institut supérieur des arts de Toulouse (isdaT). Charles Mazé (FR) enseigne à l'Atelier National de Recherche Typographique (ANRT) à Nancy. Ils sont co-fondateurs de la structure éditoriale <o> future <o>.

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